L’anniversaire de grand-père

L’anniversaire de grand-père - Anatolla Aniston

L’hiver s’écarte peu à peu, le soleil commence à pointer son nez, le printemps est là, les fleurs commencent à éclore, la nature se réveille. L’hiver a été rude cette année, la température jusqu’à moins trente, la neige partout, lacs gelés bref, comme on dit un froid de canard. Je vis avec le reste de la famille dans un village écartée, dans la montagne où il fait bon vivre. La cabane cachée dans les bois, une grande prairie à perte de vue, où mes bêtes pâturent à longueur de journée et où les enfants peuvent courir jusqu’à s’endormir dans l’herbe. Réveillée par le chant du coq, je commence ma journée de fermière par traire les vaches et les moutons pour faire du fromage, un produit très apprécié des visiteurs de la région, que je vends dans la petite boutique voisine. Une journée pas comme les autres, aujourd’hui, c’est l’anniversaire du paternel, nous décidons donc de lui faire une grosse surprise. Les enfants s’occupèrent de le réveiller, bouquets de fleurs à la main et chantonnant fort un joyeux anniversaire, tandis que les grands passèrent un coup de chiffon au tracteur rouge, l’objet que le daron a toujours désiré. Quelques instants après, les enfants tirèrent la main du grand Papy et l’amenèrent vers la grange les yeux bandés, où nous avons caché le cadeau la veille, alors qu’il faisait tranquillement sa sieste de l’après-midi. Nous avons pris le soin de recouvrir l’engin d’un grand linge blanc pour que la surprise soit encore plus réussie. Arrivée à l’entrée, j’ai retiré le bandeau des yeux de Papy, tout émerveillé, se demandait ce que cachait ce grand rideau blanc et la surprise imposante. Les yeux pétillants, il n’attendait même pas la permission qu’il saisit le bord et tira d’un coup sec le linge. Tout dévoilé, le tracteur luisait de mille feux, et un instant après l’heureux propriétaire versait une petite larme et se jeta dans nos bras. L’émotion fut très forte que je versais à mon tour une petite larme de bonheur, jamais je ne l’ai vu aussi ému et heureux. Sans tarder, je lui tendais la clé de l’engin et le pauvre, s’empressait de le monter et de le démarrer. En un quart de tour, l’appareil ronronnait, tout à fait le contraire de l’ancien tracteur abandonné au fond de la cour, sous l’abri soleil, que les chats ont décidé d’en faire leur dortoir et leur terrain de jeux. Ainsi, toute la famille réunie, nous nous dirigions vers la cabane pour le déjeuner. Une bonne journée, riche en émotions, pas comme les autres.