L'apprentissage

L'apprentissage  - Anatolla Aniston

Le bricolage n’a jamais été mon point fort, mais je fus confrontée, plus d’une fois, à des réparations, ou des aménagements que je devais réaliser toute seule, sans l’aide de personne. Comme j’ai vécu en célibataire pendant deux années, j’ai acquis certaines connaissances dans l’art de me débrouiller. Pour ouvrir les boîtes de conserve récalcitrantes, je prends un limonadier, et je me sers de la partie en fer pour décapsuler, et je m’en sers de levier sur le couvercle. J’ai déjà eu les mains tachées par des résidus de graisse mécanique, après avoir changé une roue de mon automobile. En les frottant avec du marc de café, je réussis à les rendre aussi propres que si je les avais lavées avec un nettoyant plus abrasif. Par contre, j’ai effectué cette opération au-dessus de la cuve de mes latrines pour ne pas boucher les tuyaux de mon évier, ou de mon lavabo.

J’avais eu une porte et fenetre Deux-Montagnes, et j’étais très contente de leur installation. Par contre, cette nouveauté me porta vers des idées neuves en matière de décoration intérieure. Après avoir fait quelques croquis, puis des plans plus précis, je me lançais dans la réalisation d’étagères murales. J’avais de nombreux objets à mettre en valeur. Je les avais eus chez des antiquaires, certaines photographies étaient des portraits de ma famille, des artefacts insolites venaient de mes voyages, une foule de petites et grosses choses que j’aimais voir quotidiennement. Je souhaitais les mettre en valeur. Mon entrée était assez sobre, et je voulais installer ce nouveau rangement sur un de ses murs.

Planter un clou se révéla plus difficile que je ne le croyais, de prime abord. Je fis un beau trou, mais mon clou ne tenait pas, car il était trop petit pour rentrer dans le perçage que j’avais fait dans le mur. Juste à côté, je tentais une nouvelle fois de mettre un clou dans le mur. Je voulais mettre des angles en fer qui supporteraient des planches en bois, que j’avais déjà préparées en appliquant une céruse dessus. Je me mis bien parallèle au mur, je fis une marque précise de l’endroit où je voulais enfoncer mon clou, et je tapais avec force. Ce procédé fut le bon. Après que mon angle de fer ait été installé, je pris un niveau à bulle pour tracer une ligne qui me conduirait au second point où je devais enfoncer le clou.