L'arrivée de Neige

L'arrivée de Neige - Anatolla Aniston

Les vaches qui paissaient dans la prairie apportaient au tableau une touche graphique, avec leurs taches noires et blanches. J’essayais de reproduire du mieux que je le voyais le paysage qui m’entourait. Des bosquets d’arbres étaient posés sur une colline. À son pied, la prairie et les animaux, une rivière tortueuse qui sien pour serpentait en disparaissant, je rêvais d’un lieu aussi bien pour peindre. J’aime la peinture à l’huile, simple et efficace. Je pose d’abord un croquis, ce dessin me donne l’occasion de poser les grandes lignes qui constitueront l’essence de mon tableau.

Ensuite, les touches de couleurs que je mets sur la toile arrivent petit à petit. Je viens chaque jour à la fin de la journée, la lumière me convenant mieux. Je m’installe avec mon chevalet, mes pinceaux, évidemment ma toile, et je peins jusqu’à ce que j’observe le coucher du soleil. L’autre jour, il est arrivé dans la prairie un nouvel hôte. Un âne a été ajouté aux vaches qui étaient déjà là. Il était imprévu, je ne sais pas comment le caser dans ma peinture. Mais il est si mignon que je me demande même si je ne vais pas faire un portrait juste de lui. Je connais bien le fermier à qui appartient cet endroit. Je suis donc allé le voir, le soir tombé. Il était en train d’installer un rideau pour extérieur.

Son jeune visage avenant se tourna vers moi quand j’arrivais. Je lui posais des questions sur l’âne, qui me plaisait tant. Je souhaitais revenir chez lui, car le cadre de la ferme était idéal pour la peinture que je comptais réaliser. Il me donna le nom de l’âne, qui se révélait être une ânesse. Comme elle était très blanche, il l’avait appelé Neige, tout simplement. Le joli animal serait là où je le souhaitais dès demain.

Quand je revins, à la fin de la journée, de la prairie, je fis comme le fermier m’avait expliqué : j’appelais gentiment l’animal par son nom, et, munie de carottes et de pommes, je devais la ramener dans la cour de la ferme. Je pensais que ce serait simple, mais, pas du tout ! Elle ne voulait surtout pas bouger. Mes menaces, mes caresses, n’y faisaient rien. J’allais chercher le fermier. Mais, quand je me retournais, arrivée enfin chez lui, je me vis avec surprise l’animal me suivre. Finalement, elle avait décidé qu’elle voulait bien du joli portrait que j’exécuterai. En tout cas, c’est comme ça que je le vois !