Panique en classe

Panique en classe - Anatolla Aniston

Ce matin, j’avais envie d’écrire une histoire qui m’est arrivée lorsque j’étais jeune. En fait, c’est un rêve que j’ai fait cette nuit qui m’en a donné l’idée. Alors, on y va. Pour vous mettre en contexte, j’étais encore au secondaire.

La sonnerie retentit dans la cour de l’école. Il est huit heures sur la grande horloge encastrée au-dessus du portail. Tous les étudiants se ruent dans leur classe, et moi en dernier, pour profiter des dernières places inoccupées par les plus motivés. Trouvant une place libre tout au fond de la salle, je sors mon cahier de mathématiques, tout crasseux et plein de dessins gribouillés sur l’emballage. Comme d’habitude, la troupe des bécasses, les filles les plus bavardes de la classe font leur boucan matinal en racontant le dernier épisode de leur série télé de la veille. La porte s’ouvre d’un coup et comme par enchantement, la classe est devenue plus muette qu’une usine abandonnée. Mais grande fut ma surprise en voyant le professeur d’Anglais entrer dans la salle, affichant un grand sourire aux élèves, comme pour montrer l’excuse qu’il ne ferait pas à l’audience après ses maints retards, le style malin. Comme si de rien n’était, je jetais un coup d’œil sur l’emploi du temps affiché sur les placards et je découvris le planning du mardi matin. Anglais ! Fichtre ! Je me suis rapidement rendu compte que j’ai donc confondu le planning du mardi et mercredi, mais pas de panique ! J’ouvris donc les trois dernières pages de mon vieux cahier de maths et commençais à prendre note des leçons d’Anglais du jour. Après avoir rempli une page de leçon d’Anglais dans mon cahier de mathématiques, le professeur s’exclama fort « exercice ». Connaissant ce prof depuis déjà deux ans, il a une manie d’envoyer les plus cancres au tableau. Prise de panique, tremblante, je commençais à me glisser plus bas discrètement sur ma chaise, espérant qu’il enverrait Julien mon voisin le dormeur au redoutable tableau noir, ou tout simplement qu’un autre élève ferait mon bonheur vu que je suis la plus nulle de la classe. Comme je me suis mise du côté la plus proche de la sorte, il y a avait une porte et fenetre que j’entrouvris pour avoir un peu d’air. De son côté, le prof, pas plus haut que trois pommes avec ses lunettes stylées grosses loupes avança au milieu des rangées guettant la proie qu’il enverrait faire l’exercice de la mort. Faisant semblant d’écrire n’importe quoi dans mon cahier improvisé, baissant les yeux comme disant que je suis super concentré sur l’exercice, il tourna la tête vers ma direction, pointa son doigt encore vers ma direction, je sentis un grand frisson parcourant tout mon corps, mais tout à coup, il appela fort « Julien… !!! » Un grand soulagement suivi d’un grand soupir m’envahit en apercevant le pauvre ami dandinant au tableau. Ouf… J’étais sauvée ! Mais il n’en demeure pas moins que même si cette histoire peut sembler banale, elle représente un peu tout le stress que j’ai vécu tout au long de mon adolescence à l’école. C’est pourquoi, il m’arrive encore d’en rêver.