Une rencontre incroyable

Une rencontre incroyable - Anatolla Aniston

Après avoir passé plus de vingt ans sous le soleil de la Californie, j’ai mis beaucoup de temps à m’habituer à la fraicheur de Calgary. Mais en y réfléchissant, la vie me paraît beaucoup plus agréable et facile au Canada qu’aux États-Unis. Les gens sont accueillants et chaleureux, en dépit du climat pour ainsi dire, rafraîchissant. Ici, j’ai eu l’occasion de rencontrer une personne formidable, Élise, avec qui j’ai tout de suite bien accroché. Je me souviens encore de notre première rencontre. C’était dans un petit café restaurant, elle avait commandé une tasse de thé et des gaufres et moi, un café noir avec des œufs et du bacon. Je n’avais pas d’ami à Calgary à l’époque, et j’ai donc engagé la conversation avec elle, dans l’espoir de me faire une nouvelle amie. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une conversation aussi intéressante avec une personne. Elle me paraissait tellement passionnée par ce qu’elle disait, même si au fond, nos sujets de conversation n’étaient pas si passionnants que ça, elle arrivait à les rendre intéressants.

Ce jour-là, j’en ai donc appris beaucoup sur Élise. Elle me raconta qu’elle était éducatrice à temps plein à la résidence soleil manoir saint-laurent, et comptait monter une boîte qui allait créer un programme qui changerait sa vie. Ce programme permettrait aux gens de trouver l'endroit idéal pour les aînés. Elle avait monté un solide plan d’affaire après des années de recherche. Élise était elle-même, maman de trois enfants, et diplômée de MIT. Georges, Louis et Agnès. Ses enfants étaient sa fierté, elle en parlait constamment. Divorcée depuis une quinzaine d’années, elle redécouvrait actuellement les joies du célibat. Elle avait tellement de choses à me raconter, tout comme moi. Notre discussion s’étala sur tout un après-midi, et à la suite de cela, nous devinrent meilleures amies. Nous étions inséparables, comme de vraies sœurs. Cela m’a fait énormément de bien de rencontrer Élise à ce moment-là de ma vie. Elle arrivait pile au moment où j’avais le plus besoin d’avoir du réconfort et de l’amitié. Cela m’a vraiment aidé à avancer dans ma vie, et à oublier mes démons qui m’avaient fait fuir la Californie.

Chaque journée passée sans Élise était comme fade. Elle était devenue ma drogue, ma joie de vivre. Je remercie Dieu chaque jour de m’avoir permis de croiser son chemin. Aujourd’hui, même si je suis de retour au Québec, nous continuons de nous parler régulièrement. On s’appelle, on s’écrit. Et souvent, je me demande, que serais-je devenu si je ne l’avais pas rencontrée ? Rien, peut-être.